Prise en charge de l’obésité chez l’enfant et l’adolescent : l’approche globale du service SDME de Pomponiana

29/10/2026
#bregillepaca

À l’IRF Pomponiana, dans le Var, le service SDME des Salins de Bregille (Systèmes Digestifs Métaboliques et Endocriniens) accueille des enfants et des adolescents en situation d’obésité ou de surpoids. Ils sont accompagnés par une équipe pluridisciplinaire qui établit, pour chacun d’eux, un parcours de soins adapté. Il inclut un programme type éducation thérapeutique du patient qui implique aussi les familles.

Depuis 2022, date de sa création, le service SDME (Systèmes Digestifs Métaboliques et Endocriniens) de Pomponiana à Hyères accompagne des enfants et des adolescents qui souffrent de surpoids, d’obésité avec pathologies métaboliques et/ou endocriniennes. “Nous sommes un recours de niveau 2. Cela signifie que les jeunes qui viennent ici ont déjà été pris en charge en amont”, précise Éline Hugon, responsable de ce service qui dépend de l’Institut de rééducation fonctionnelle Pomponiana des Salins de Bregille. Originaires du Var et des départements voisins, les jeunes patients qui franchissent la porte du service SDME sont adressés par des professionnels de santé. Ils ont entre 9 et 18 ans (les 4-8 ans sont suivis à domicile par l’éducatrice et la diététicienne). Dans cet établissement, ils vont suivre un parcours de soins qui va durer de six mois à un an en fonction de leurs besoins. “La majorité d’entre eux est en hôpital de jour. Nous disposons de 20 places par jour, mais nous avons également deux places en hospitalisation complète”, ajoute-t-elle.

La prise en charge pluridisciplinaire : la clé du parcours

Ici, chaque patient est prise en charge dans son individualité, de façon adaptée, définie par une équipe pluridisciplinaire composée d’un pédiatre, d’une infirmière, d’une diététicienne, de deux enseignants en activité physique adaptée, d’une éducatrice spécialisée, d’un psychologue, d’une psychomotricienne, d’une auxiliaire de puériculture, d’une ASH et d’une secrétaire. “Toute cette équipe intervient sur trois axes auprès des patients. L’axe nutritionnel, l’axe physique et l’axe psychoéducatif. Le premier consiste à travailler sur l’acquisition des bases de l’équilibre alimentaire afin de faire évoluer durablement les comportements et les habitudes par une stabilisation ou une perte de poids. Le second consiste à lutter contre la sédentarité et à reconditionner le physique grâce à une activité d’endurance et de renforcement musculaire par exemple, sport, balnéothérapie etc. Le troisième axe est un travail sur l’estime de soi avec le patient, la gestion des émotions et l’acquisition d’une meilleure conscience de son corps”, détaille Éline Hugon.
Cette approche permet de tenir compte des difficultés propres à chaque jeune. Le soutien psychologique joue notamment un rôle important lorsque le poids affecte la confiance en soi ou les relations avec les autres. Il permet notamment de travailler sur l’anxiété, les troubles du comportement alimentaire et les traumatismes. Cela joue un rôle important pour le bien-être du jeune.

Stabiliser le poids plutôt que se focaliser sur la balance

Au service SDME, le traitement n’est pas organisé autour d’une perte de poids obligatoire. Des pesées existent pour les soins, mais elles ne constituent pas le moteur du parcours. Cette approche limite la pression. Chez un enfant qui grandit, stabiliser le poids peut déjà améliorer l’IMC (indice de masse corporelle). La réussite ne se résume donc pas à une perte de poids : stabilisation, amélioration du bien-être physique et moral, autonomie et habitudes durables comptent aussi.

Comprendre l’obésité infantile : définition et causes

L’obésité infantile constitue désormais un véritable enjeu de santé publique en France. Une évolution qui résulte d’interactions entre plusieurs facteurs génétiques, alimentaires, comportementaux, psychologiques et environnementaux.

Les causes, souvent multifactorielles, de cette maladie chronique obligent les structures comme le service SDME à avoir une approche à la fois globale et fine dans l’accompagnement du patient. C’est ce travail au cas par cas, sur la durée, qui permet d’obtenir des résultats durables. “On essaie tant que possible de sensibiliser nos jeunes patients aux problématiques qui peuvent survenir lorsqu’ils seront adultes si on n’agit pas maintenant. Il faut qu’ils comprennent pourquoi ils sont chez nous et pourquoi le programme type éducation thérapeutique défini pour chaque enfant est si important. Notre rôle est de leur donner les clés pour que les habitudes que l’on met en place avec eux soient durables.”

Pour repérer le surpoids et l’obésité de l’enfant, le médecin utilise notamment l’indice de masse corporelle (IMC), calculé à partir du poids et de la taille. Chez les enfants, l’IMC s’interprète à l’aide des courbes de corpulence adaptées à l’âge et au sexe. Un bilan global permet aussi de rechercher d’éventuelles complications et de comprendre les habitudes de vie. Cette maladie ne se résume jamais à une simple question de volonté.

Les piliers du traitement : alimentation, mouvement et soutien

Au sein du service SDME, les jeunes patients disposent de tous les équipements nécessaires à leur parcours de soins. Il y a notamment un city-stade où ils peuvent se dépenser physiquement. Quand la météo le permet, ils partent en randonnée sur les sentiers varois. Il y a également une cuisine où les enfants, les adolescents et leurs parents participent à des ateliers de cuisine. En effet, la nutrition fait partie des facteurs de réussite.
Pour aller plus loin dans la transmission de l’idée de manger sainement, l’établissement de Pomponiana s’associe à des partenaires extérieurs pour travailler autour du potager. Situé face à la mer, le service SDME des Salins de Bregille exploite au mieux le cadre de vie exceptionnel dont il bénéficie pour créer, autour du patient, un environnement propice à son évolution. Les jeunes présents quotidiennement poursuivent leur scolarité au sein de l’établissement. “Comme cela, du primaire au lycée, il n’y a pas de rupture de scolarité. Nous avons des enseignants qui viennent faire les cours dans nos murs.”

L’enjeu consiste à redonner le goût du mouvement à chaque jeune, sans comparer ses capacités à celles des autres. Une activité physique régulière peut commencer par des gestes simples, poursuivis hors de l’établissement. Les ateliers de nutrition complètent cette démarche : les jeunes apprennent à composer des repas variés et équilibrés. Les enfants préservent ainsi le plaisir de manger.

Le rôle des parents et de la famille

Mais la réussite ne dépend pas seulement du jeune. Pour que le parcours de soins porte ses fruits, il faut impliquer également la famille. “Elle doit comprendre l’obésité et les risques liés à cela. Notre rôle est aussi d’accompagner l’entourage pour qu’il modifie ses habitudes de vie, pour qu’il comprenne l’importance de préparer des repas équilibrés, par exemple, ou de lutter contre la sédentarité de leur enfant. L’adhésion de la famille est à la fois le plus important et le plus difficile”, insiste Éline Hugon. Car le poids est aussi une question familiale et culturelle.

Les changements engagés pendant les soins doivent également trouver leur place à la maison. L’organisation des repas, les loisirs et le temps passé devant les écrans peuvent ainsi faire l’objet d’une réflexion commune, sans culpabiliser les parents.

Suivi et accompagnement à long terme

C’est pour cette raison que le service SDME organise des ateliers thématiques, comme un atelier de cuisine, auxquels participent le jeune patient et ses parents. C’est dans ces temps d’échange, animés par des membres de l’équipe pluridisciplinaire, que passent les messages. L’objectif final est d’éviter une rechute du patient une fois qu’il est sorti du parcours de soins. Chaque année, l’équipe pluridisciplinaire du service SDME a quelques belles histoires de jeunes qui parviennent à stabiliser leur perte de poids durablement et à retrouver confiance en eux. Une évolution vertueuse, très positive dans le quotidien d’un adolescent et d’un enfant.

La sortie ne signifie pas l’arrêt des soins ni de l’attention portée à la santé. La pédiatre revoit le jeune quelques mois plus tard. Le suivi n’est pas interrompu. Un relais à l’âge adulte peut être organisé.

Le suivi d’un adolescent et d’un enfant après son séjour reste essentiel, car l’obésité est une maladie chronique. L’évolution de l’IMC peut être appréciée dans le temps par le médecin habituel, en complément du ressenti et de la santé générale.

Des options spécialisées en dernière intention

Lorsque l’obésité persiste malgré les réponses habituelles, le service SDME peut échanger avec le Centre spécialisé de l’obésité de Marseille, à la Timone. Des traitements peuvent alors être discutés. Ces situations sont exceptionnelles et interviennent vraiment en dernière intention.

Le suivi de l’obésité reste personnalisé.

Prévention et résultats : construire du durable

Le but est de prévenir les complications et de conserver les acquis. Le jeune apprend à comprendre sa maladie et ses besoins sans réduire sa valeur à un chiffre.

Les résultats varient : certains patients évoluent favorablement sur un amaigrissement, d’autres stabilisent leur indice de masse corporelle. La prévention repose sur des compétences concrètes : mieux choisir, bouger, comprendre son corps, demander de l’aide et intégrer les changements au quotidien.

En pratique, la prévention passe aussi par l’abandon des discours culpabilisants. Les adolescents et les enfants gagnent à identifier leurs ressources et les situations où ils ont besoin d’aide. Un jeune patient confronté au surpoids peut ainsi avancer sans être réduit à son poids.

Le service SDME de Pomponiana accompagne l’enfant dans sa globalité

Face à l’obésité, le service SDME des Salins de Bregille propose ainsi une prise en charge spécialisée de l’obésité de l’enfant avec certaines pathologies associées, au sein d’un environnement adapté pour les jeunes du Var et des départements voisins.

Face à l’obésité pédiatrique, la force du service tient à la diversité des professionnels et à la coordination des soins. Le patient reste un jeune en croissance, avec une histoire, une famille et des besoins propres. Aider chaque enfant et chaque adolescent à construire des habitudes compatibles avec sa santé, son âge et sa vie quotidienne est au cœur de la mission quotidienne du service SDME.